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Par des collections inspirées de la lumière et la douceur de vivre de notre territoire, Callistorea donne aux pierres précieuses une place centrale, pour créer des bijoux cossus et généreux. Claire Viale nous livre les raisons qui l’ont poussée à entamer cette aventure entrepreneuriale et à s’établir sur le territoire de la Métropole Nice Côte d’Azur. 

Comment êtes-vous devenue chef d’entreprise ?

A 33 ans, à la naissance de mon premier enfant, au terme de 10 ans passionnants passés en marketing développement dans les cosmétiques dans pour de grands groupes, je me suis posée la question de mon orientation professionnelle. En effet j’avais atteint rapidement mon objectif de carrière. J’ai constaté aussi qu’il y avait très peu de femmes dans le top management des entreprises… Beaucoup d’appelées, peu d’élues. Je ne voulais pas entrer dans une compétition acharnée.

J’avais aussi donné beaucoup à toutes ces entreprises, j’ai donc décidé d’utiliser cette énergie à mon service. Mon frère (et associé), à l’époque contrôleur de gestion dans un laboratoire pharmaceutique, a eu la même réflexion personnelle de son côté. Nous avons donc décidé de nous associer et avons proposé à notre père (fondateur de Callistorea proche de la retraite) de lui racheter son entreprise pour la développer. Nous avons donc eu la chance de ne pas partir de zéro d’une part et de continuer l’aventure familiale d’autre part.

Quelle est l’activité principale de Callistorea ?

Callistorea est un atelier de joaillerie, dont le métier est de dessiner, concevoir, fabriquer et vendre des pièces de joaillerie. Nous nous adressons aux magasins de détail BtoB (Européens), à qui nous proposons notre collection en marque blanche et des fabrications spécifiques. Nous sommes aussi sous-traitants pour deux marques de joaillerie (création et fabrication de leurs lignes). Nous fabriquons tout en interne et sommes labellisés RJC (Responsible Jewelry Council) et « joaillerie de France », labels qui garantissent la traçabilité et l’éthique de notre fabrication.

Qu’est-ce qui vous a amenée à choisir la Métropole Nice Côte d’Azur pour vous développer ?

L’entreprise était niçoise d’origine. Nous avons la chance d’avoir sur place un écosystème propre au métier à Nice centre ville ainsi qu’un Brevet des Métiers d’Arts de joaillerie au lycée Pasteur sur lesquels nous pouvons nous adosser pour continuer à nous développer.

Comment la Métropole vous a accompagnée dans le développement de votre entreprise ?

Nous avons rencontré une équipe dynamique et hyper à l’écoute. En tant qu’entrepreneur nous sommes loin de connaître le fonctionnement administratif de la métropole et des nombreux services et avantages qu’elle propose. L’équipe nous a aidé à clarifier tout cela.  Nous avons utilisé  plus précisément deux services : L’un pour la recherche de locaux, et l’autre pour l’obtention de subventions et aide au financement.

Quels sont vos liens avec le territoire ?

Je suis niçoise d’origine, j’y ai fait mes études (Edhec Business school), ainsi que mon frère (Skema business school). Nous aurions pu choisir de monter un atelier sur Paris (proximité des marques et berceau du métier) mais pour nous il était important de continuer à Nice, pour nos employés de faire perdurer le dynamisme de notre métier dans la région et accessoirement l’entreprise familiale !

Quels sont d’après vous les challenges des entreprises à l’heure actuelle ?

Etre réactifs et flexibles, penser au service que l’on rendra au client au delà d’un simple produit.

Quels obstacles avez-vous rencontrés dans le secteur de la joaillerie de luxe ?

C’est un milieu très fermé, très parisien, avec beaucoup de co-optation. Les grandes marques travaillent depuis des ans avec de grosses unités de production à Paris et dans la région Lyonnaise. Nous arrivions en tant que sous traitant niçois comme des outsiders; Il fallait être malin et trouver le bon « match » clients-fournisseur, et proposer un autre type service. Ce que nous avons fait. Aujourd’hui nous avons un partenariat solide avec nos clients.

A quels défis particuliers le secteur de joaillerie de luxe doit-elle faire face ? 

La croissance arrive toute seule : il y a eu une vraie prise de conscience des marques (qui ont rapatrié leur production en France) et des clients (qui demandent plus de traçabilité et d’éthique surtout sur les produits de luxe, et donc de la fabrication Française). Notre plus grand défi est d’attirer les talents, de former recruter des ouvriers. 

Ne pas perdre en compétence technique car l’organisation requière moins de polyvalence et favorise des de tâches plus spécialisées.

De quelles qualités les équipes dirigeantes doivent faire preuve pour relever ces défis dans le secteur très spécifique de joaillerie de luxe ?

Rassurer les équipes en interne et les clients qui s’appuient sur nous pour assurer leur croissance. Donc être à l’écoute et penser en dehors des sentiers battus, se remettre en question.

Faire cohabiter les compétences, c’est un sujet. Et faire cohabiter l’artisanat et l’innovation dans un secteur comme la joaillerie de luxe, cela fait-il peur à certains ?

Je dirai que ce n’est pas une histoire de peur mais une histoire d’investissement : nous avons à notre disposition des machines formidables qui nous ont permis de véritables gains de productivité, qualité et innovation. Mais il faut vraiment faire les investissements nécessaires, et y consacrer la formation nécessaire, la place nécessaire (les ateliers de joaillerie sont de petites surfaces en général). Il faut malheureusement des structures avec les reins solides.

Aujourd’hui, quels sont pour vous les marchés les plus porteurs ?

Pour nous cela reste la France car nos clients sont des marques et des détaillants Français qui s’ouvrent au digital ou s’internationalisent.

Quelles sont vos projets pour l’avenir ?

Scinder mon atelier en deux parties bien distinctes : la série d’un côté et la haute joaillerie de l’autre, pour les marques alternatives/de niche (internationales) qui veulent du made in France. Continuer à avoir de véritables partenariats avec mes clients pour travailler le plus sereinement possible.

CALLISTOREA

Callistorea conçoit et fabrique ses collections dans ses ateliers en France. Tous les métiers nécessaires à la création d’un bijou précieux sont regroupés : dessin, maquette, montage, sertissage, polissage et gravure. Leur maitrise et contrôle de toutes les étapes de la fabrication, permettent de proposer des pièces uniques fabriquées dans la pure tradition joaillière française.

Plus d’informations sur : www.callistorea.fr