Caranx Medical ne manque pas d’ambitions, son objectif : faire entrer les robots dans les blocs opératoires. Derrière ce projet, Truffle Capital, l’un des principaux fonds européens de capital-risque axés sur les biomedtech. Eric sejor Chief Medical Officer chez Caranx Medical nous livre les raisons qui l’ont poussé à entamer cette aventure entrepreneuriale et à s’établir sur le territoire de la Métropole Nice Côte d’Azur 

Comment êtes-vous devenu chef d’entreprise ?

Ceci est le fruit d’une rencontre. J’ai en effet eu la chance de rencontrer le Dr Philippe Pouletty, qui est à la fois notre Président et le directeur de Truffle Capital, le fonds d’investissement qui nous soutient. Sans lui et sa passion pour les innovations de rupture, Caranx Medical n’aurait probablement jamais vu le jour.

Quelle est l’activité principale de Caranx Medical ?

L’activité principale est le développement de nouveaux robots chirurgicaux intelligents, autonomes et compacts. Ces robots à encombrement réduit et programmés par des chirurgiens pourront assurer plusieurs types d’opérations spécifiques grâce à une technologie de machine learning basée sur des centaines d’opérations enregistrées en vidéo. “A terme, ils permettront à plus de malades d’être opérés en même temps et mieux, de standardiser les procédures médicales, de réduire les coûts et le temps d’hospitalisation.”

Qu’est-ce qui vous a amené à choisir la Métropole Nice Côte d’Azur pour vous développer ?

Nous avons choisi Nice parce que c’est une ville particulièrement attractive. Son tissu économique est dense, riche et diversifié. Sa position géographique et son climat sont en outre des atouts majeurs pour attirer des talents. Enfin, Nice dispose du deuxième aéroport international en France avec plus de 15 millions de passagers chaque année, des centaines de destinations dans 40 pays et des liaisons directes vers New-York, Dubaï, Doha, Moscou, Pékin…

Quels sont d’après vous les challenges des entreprises à l’heure actuelle ?

Les principaux challenges sont de financer l’activité des entreprises, trouver des talents et s’adapter rapidement à un environnement qui évolue sans cesse. Au stade où nous en sommes nous n’avons pas encore véritablement rencontré d’obstacles, mais nous savons que le route sera longue et que nous devrons faire face à un certain nombre de difficultés notamment réglementaires.

A quels défis le secteur de la robotique chirurgicale doit-il faire face ?

Les défis sont à la fois technologiques et sociétaux. Nous devons en effet lever un certain nombre de verrous technologiques si nous voulons que la machine soit plus performante que l’homme et autonome. Il faudra ensuite que cette avancée technologique soit adoptée par la population.

Faire cohabiter les compétences, c’est un sujet. Et faire cohabiter l’homme et la machine dans un secteur comme la chirurgie autonome, cela fait-il peur à certains ?

La nouveauté peut effectivement faire peur quel que soit le domaine d’applications, mais dès lors que l’on aura démontré que la machine surpasse l’homme en offrant des procédures chirurgicales plus sures qui diminuent la morbi-mortalité des patients, il ne fait aucun doute que les robots autonomes seront adoptés et que le rendement croissant d’adoption sera particulièrement élevé.

A quelles disruptions les acteurs du secteur de la santé sont-ils particulièrement vulnérables ?

Les acteurs de santé sont vulnérables à tout ce qui pourrait rendre inutiles les connaissances et le savoir-faire qu’ils ont acquis au fil du temps. Certains métiers, en particulier ceux qui touchent au versant diagnostic de la médecine, pourraient être menacés par l’arrivée de l’intelligence artificielle. C’est pourquoi les médecins ne doivent pas subir cette évolution, mais l’accompagner en innovant constamment.

Eric SEJOR

Avant de rejoindre Caranx Medical, Eric Sejor était chirurgien dans le département Chirurgie Digestive générale et transplantation hépatique de l’Hôpital l’Archet 2 – CHU de Nice depuis 2003. Il est également expert en robotique. Il a notamment contribué aux côtés des docteurs Marc Antonini et Fréderic Payan aux projets : A-SUR (Augmented Surgery), et SUGAR (Suturing Guided by Augmented Reality). Les deux projets avaient pour objectif de développer des outils d’assistance chirurgicale reposant sur l’intelligence artificielle et la réalité augmentée.

Plus d’informations sur : www.caranx-medical.com