La start-up niçoise Cosma a bouclé cet été un tour de table de 2,05 millions d’euros, portant à plus de 7 millions le montant levé en dix-huit mois. Une trajectoire qui doit beaucoup à ses premières campagnes en mer, menées sur le littoral niçois avec le soutien de la Métropole Nice Côte d’Azur.
Spécialiste des drones sous-marins autonomes, Cosma conçoit et exploite ses propres systèmes pour cartographier les fonds marins en très haute résolution. Ses investisseurs historiques, parmi lesquels l’Ifremer, la Caisse d’Épargne Côte d’Azur, Ternel, Wind Capital et 50 Partners, ont tous participé à cette nouvelle opération, rejoints par Région Sud Investissement, Ring Capital et Sustainable Ocean Alliance. Objectif affiché par Frédéric Mittaine, fondateur et président : une levée en série A dès 2027.
Trois zones du littoral niçois pour valider la technologie
Lauréate en 2023 de la deuxième édition de l’appel à projets « Blue Innovation Challenge » lancé par la Métropole Nice Côte d’Azur, Cosma a bénéficié d’une subvention de 57 000 euros pour développer et expérimenter un démonstrateur robotique associant drones sous-marins autonomes et drones de surface. Les deux engins travaillent en couple : le drone de surface, positionné par GPS RTK, guide acoustiquement le drone sous-marin de 50 centimètres qui rase le fond, éclairages et caméras allumés.

Trois zones peu étudiées ont été retenues. Carras d’abord, quartier où l’entreprise a été pensée, utilisé comme terrain de réglage. Lympia ensuite, 5,2 hectares au cœur du futur projet d’aire marine protégée. La Digue enfin, 2,6 hectares face au site qui a accueilli la Conférence des Nations Unies sur les Océans, avec des profondeurs atteignant 100 mètres. Au total, près de 8 hectares de fonds marins explorés en conditions opérationnelles réelles.
Les campagnes ont produit plus de 200 000 images « vérité terrain » géolocalisées, chacune associée à une coordonnée GPS et une profondeur d’acquisition. Assemblées par photogrammétrie, elles donnent une reconstruction continue du fond marin d’une finesse remarquable : un pixel pour un millimètre carré.
Traitées chaque soir sur la plateforme cloud de Cosma et analysées par des algorithmes d’intelligence artificielle entraînés de façon itérative par les biologistes de l’équipe, ces données ont permis de dresser de véritables cartes de biocénoses. L’algorithme a également appris à repérer les traces humaines posées sur le fond, pneus, cordages, tuyaux et filets fantômes.

Un tremplin devenu trajectoire
Le Blue Innovation Challenge a joué le rôle d’accélérateur que la Métropole attendait de lui. Les travaux menés sur La Digue ont été présentés en 2025 à Nice lors de l’UNOC, offrant à Cosma une vitrine mondiale. Dans la foulée sont venus une collaboration avec le WWF sur le démantèlement de fermes aquacoles, une étude de dépollution pyrotechnique, le suivi d’infrastructures sous-marines avec la Direction générale de l’armement et un projet de restauration d’herbier de posidonie pour la Principauté de Monaco.
Aujourd’hui, l’entreprise travaille sur le déploiement de drones en essaim et l’optimisation de ses algorithmes. Une réussite qui illustre ce que peut produire un amorçage public bien ciblé sur un territoire où l’économie bleue est une filière d’avenir.
Photo de l’article @tribuca.net









